Les enjeux du projet
- 25 mai
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L’ampleur du domaine du Haras National du Pin et les multiples aménagements envisagés dans le cadre du Grand Projet doivent intégrer de nombreux enjeux réglementaires, patrimoniaux et environnementaux.
D’un point de vue réglementaire, le domaine du Haras National du Pin s’inscrit dans un territoire dans lequel plusieurs documents d’aménagement du territoire ont été élaborés parmi lesquels :
- Le nouveau PLUi-H la communauté de communes Terres d’Argentan
- Le Schéma de Cohérence Territoriale du Pays d'Argentan d'Auge et d'Ouche (SCoT P2AO)
- Le Schéma vélo du Pays D’Argentan d’Auge et d’Ouche
- Le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE).
Le Grand Projet s’intègre dans tous ces documents de planification.
Par ailleurs, l’existence de nombreux monuments historiques et d’un site classé rendent les projets complexes.
Enfin, les enjeux environnementaux sont également nombreux avec, entre autres, la présence notable d’une zone natura 2000 et de nombreuses zones humides.
Les enjeux réglementaires
Intégralement situé au sein de Terres d’Argentan Interco, le domaine du Haras national du Pin doit tenir compte du nouveau Plan Local d’Urbanisme intercommunal Habitat (PLUi-H) de Terres d’Argentan, mis en place en début d’année 2026.
En effet, depuis le 5 février 2026, c’est ce PLUi-H qui s’applique pour les aménagements sur le domaine du Haras National du Pin.
Conscient des enjeux du Grand Projet du Haras, ce PLUi-H a défini des Orientations d’Aménagement et de Programmation (OAP) sectorielles pour le Haras National du Pin.
Ces OAP visent à exprimer de manière qualitative, sur des quartiers ou secteurs ou sur des enjeux du territoire, les ambitions et la stratégie territoriales en termes d’aménagement. Elles sont une composante du plan local d’urbanisme.
Des OAP sectorielles ont donc été votées pour encadrer le Grand Projet du Haras national du Pin.
Elles définissent des prescriptions qui sont opposables aux autorisations d’urbanisme et devront être respectées par le maitre d’ouvrage.
Au niveau territorial, le Schéma de Cohérence Territoriale du Pays d'Argentan d'Auge et d'Ouche (SCoT P2AO) intègre trois communautés de communes, dont Terre d'Argentan interco, et couvre donc l'ensemble du domaine du Haras du Pin. Ce document présente l'élaboration d'une stratégie d'aménagement à une large échelle.
Le SCoT P2AO met en avant à travers son Document d'Orientation et d'Objectifs (DOO) de nombreux objectifs parmi lesquels :
- Intensifier les liaisons douces entre micro-bassins de vie ;
- Protéger les réservoirs de biodiversité et gérer leurs abords ;
- Renforcer l'accessibilité aux paysages et valoriser le rapport à la nature ;
- Mettre en valeur les points d'intérêt touristique ;
- Renforcer les circuits thématiques dans l’offre touristique ;
- Accompagner les activités équines pour la découverte du territoire ;
- Développer l’offre d’hébergements et d’équipements en lien avec les politiques culturelles, sportives ou de loisirs ;
- Soutenir le développement des énergies renouvelables.
Le Pays D’Argentan d’Auge et d’Ouche s'est doté d'un Schéma vélo approuvé en 2020. Son diagnostic met en avant les itinéraires existants. Ainsi plusieurs itinéraires cyclables traversent ou arrivent au Haras national du Pin.
Le programme du schéma vélo préconise le développement de liaisons départementales par « routes tranquilles », en s'appuyant sur des itinéraires existants, permettant de relier le Haras du Pin à Argentan Mont-Ormel ou Alençon.
Le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) dresse un état des lieux des trames vertes et bleues d'un territoire, qu’il s’agisse de réservoir de biodiversité, de continuité écologique, mais également d’éléments pouvant les fracturer.
S’il existe bien une trame bleue avec le cours d’eau de l’Ure qui est considéré comme un réservoir de biodiversité et un corridor de la trame verte avec des boisements présents sur le domaine, le SRCE de Basse-Normandie n'indique pas d'enjeux spécifiques sur le domaine, tels que l'amélioration de corridor ou la résolution d'obstacle sur des cours d'eau.
Les monuments historiques
Le domaine du Haras national du Pin est un domaine historique exceptionnel. A ce titre, sur le domaine, ce sont pas moins de 24 bâtiments qui sont protégées au titre des Monuments Historiques
Ceux-ci se concentrent autour de trois pôles : le secteur du Vieux-Pin (ancien manoir, ancienne église…), le cœur historique (Haras du Pin – grilles, douves, cours, jardins et bâtiments dont le château, l’ancienne auberge – Tournebride…) et le secteur de l’hippodrome (Bergerie, hippodrome…).
La loi du 25 février 1943 instaure un périmètre de 500 m (les « abords ») autour des monuments protégés et un régime de contrôle des travaux effectués dans ce périmètre.
Ainsi l’ensemble des aménagements à réaliser sur le domaine sont soumis à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France.

Patrimoine classé ou inscrit ?
La législation distingue deux types de protection : les classés et les inscrits.
• Sont classés « les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l’histoire ou de l’art, un intérêt public ». C'est le plus haut niveau de protection.
• Sont inscrits « les immeubles qui, sans justifier une demande de classement immédiat au titre des monuments historiques, présentent un intérêt d’histoire ou d’art suffisant pour en rendre désirable la préservation ».
Cette distinction peut également se comprendre selon le rayonnement de l'intérêt patrimonial de l'édifice : ainsi le classement s’effectue à un niveau national et l’inscription s’opère à un niveau régional.
Un site classé
Par ailleurs, l’ensemble du domaine est également répertorié comme site classé.
Un site classé est un site de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, dont la qualité appelle, au nom de l’intérêt général, la conservation en l’état et la préservation de toute atteinte grave. Le classement concerne des espaces naturels ou bâtis, quelle que soit leur étendue.
Le classement d'un site constitue la reconnaissance au plus haut niveau de la qualité du patrimoine paysager national.
Le Haras du Pin a été ajouté à la liste des sites classés en 1926 comme "un joyau historique par des bâtiments [...] par les prairies et les bois qui l'entourent et forment un cadre nécessaire pour en exhausser la valeur". A cette date, cette protection ne concerne que la commune du Haras du Pin.
Elle est élargie en 2003 pour atteindre la superficie de 1 433 ha, prenant en compte tout le domaine historique, s'étendant sur les communes de Ginai Nonant-le-Pin et Gouffern-en-Auge (Exmes, Silly-en- Gouffern, La Cochère). Ces nouvelles limites sont définies à partir d'éléments paysagers (ligne de crête, boisements, ...) pour créer visuellement un site cohérent, proche de l'emprise historique.
Ces approches ont été prises en compte dans l’ensemble du projet et des aménagements envisagés par le Grand Projet. L’inspecteur des sites de la DREAL est, tout comme l’Architecte des Bâtiments de France, régulièrement sollicité dans le cadre du Grand Projet.
Les enjeux environnementaux
La zone NATURA 2000
Située en quasi-totalité sur une zone NATURA 2000, le domaine du Haras national du Pin intègre cet enjeu dans son Grand Projet.

En effet cette zone est classée Zone Natura 2000 FR2502014 au titre de la directive européenne « habitats faune flore » « Bocages et vergers du Sud Pays d'Auge ».
Le site est ainsi désigné comme « Site d’intérêt communautaire » et se caractérise par un bocage, constitué de haies denses et de vieux arbres présentant parfois des cavités importantes, notamment dans les grands espaces forestiers : forêt de petite Gouffern, forêt domaniale du Pin, Bois de la Tête de Loup et Bois des Genêts.
La préservation est essentielle pour assurer les fonctions suivantes :
- Un corridor écologique pour la faune, ainsi qu’un lieu de refuge et d’habitat ;
- Un atout paysager ;
- Un outil limitant l’érosion des sols et favorisant l’infiltration des eaux pluviales.
Les arbres creux présentent un fort intérêt écologique puisque ces cavités constituent l’habitat de nombreuses espèces sauvages et insectes tels que des arthropodes, des champignons, des lichens, des oiseaux, des chauves-souris et des amphibiens.
Une étude faune/flore sur 4 saisons est actuellement menée par un bureau d’étude. Les résultats seront pris en compte pour adapter le projet le cas échéant.
Les zones humides

Parcouru par plusieurs ruisseaux et la rivière de l’Ure, de nombreux secteurs sont concernés par la présence de zones humides :
- Le secteur autour du Vieux-Pin avec la présence de zones humides à l'ouest sur les pentes douces des Bourdonnières, le long de l'Ure, vers le nord en direction de L'Oseraie en suivant le creux d'une dépression et vers l'est le long du Cazobiel jusqu'au parc du Haut Bois ;
- Le long du ruisseau de l'étang des Genêts, entre le PISE et la D926 ;
- Dans la partie Est du domaine, le long de l'Ure, remontant entre le bois de la Tête aux Loups et Les Carrés de la Bergerie vers le nord ;
- À travers le bois des Officiers, et le long du fossé de la commune de Ginai.
Tous les aménagements envisagés dans le cadre du Grand Projet qui peuvent avoir un effet sur la ressource en eau ou les écosystèmes aquatiques, (dont zones humides) sont donc soumis à autorisation ou déclaration administrative préalable.
Les travaux qui pourraient porter atteinte à des espèces protégées animales ou végétales feront également l'objet d'une dérogation auprès des services de l'État intéressés (DREAL).
Le risque inondation
Enfin, la majorité du domaine est également concernée par un risque d’inondation liée à la remontée de nappes phréatiques, due à leur faible profondeur.
Cependant, certains secteurs ne sont pas concernés par ce risque, il s’agit
- De la forêt domaniale du Pin ;
- Du cœur historique ;
- Des coteaux le long du Chemin du Pin-au-Haras ;
- De l'ouest du PISE ;
- Du bois de la Tête aux Loups et de la D926 ;
Enfin, une partie de l'hippodrome et de ses boisements présentent des risques plus faibles.
Le risque de mouvement de terrain
La nature des sols du domaine l’expose au risque de retrait-gonflement des argiles.
Ce risque n’est pas identique sur l’ensemble du domaine. Elle est plus forte sur la zone du Vieux-Pin jusqu’à la Tête aux Loups ainsi qu’entre le site Inrae et les boisements de l’Ermite.
Ce risque est plus modéré en bordure du centre historique jusqu’au centre-bourg du Pin-au-Haras.